Machines à sous, roulettes, baccarat… Faites des paris en ligne! Les casinos abondent sur Internet. Une simple recherche sur Google suffit pour vous donner l’action (de): Cresus Casino, Casino La Rivieria ou Lucky8 afficheront leurs couleurs vives dans la version française disponible. Cédric, 32 ans, y joue tous les soirs pour se détendre après le travail: «En Corrèze, on n’a pas de casino et on prend une voiture, ce qui me déprime. Là je peux jouer depuis mon canapé, c’est un vrai plaisir! « 

Sauf … la pratique est illégale. « C’est vrai? Je ne savais pas », se demande Cédric, qui tente de limiter sa mise à 40 € par semaine.

Le boom favorisé par l’accouchement

Si Cédric a du mal à le voir clairement, c’est aussi parce qu’il existe des sites de vantardise comme Casino-legal-france.fr qui font référence à des machines à sous qui sont légales: le joueur n’a pas à immobiliser d’argent. Le flou, combiné à des pratiques commerciales agressives qui auraient déjà attiré quelque 300000 joueurs en France, est estimé par l’Observatoire du jeu en 2017.

Et la tendance serait à la hausse, l’accouchement favorisant l’essor du jeu en ligne. «Le nombre de visiteurs sur ces sites a augmenté», précise Jérémy Terrasson. Les joueurs qui comptent sur les paris sportifs sont revenus à ces offres alternatives après la suspension des tournois. « 

Pour attirer la clientèle, les casinos virtuels ne gaspillent pas: ils proposent des bonus de bienvenue « jusqu’à 300 euros sont offerts », des remises exceptionnelles comme « Happy Friday, jusqu’à 30% de plus sur tous les dépôts » … Marie (Note de l’éditeur: prénom changé), 30 ans, n’a pas pu résister à ces propositions séduisantes. Ses mignons péchés? Machines à sous en ligne. Très vite, il a perdu de l’argent. Beaucoup. Il a donc décidé de fermer son compte.

La résiliation des commandes fait partie de la position de la Croix

Mais si vous pouvez créer un profil sur la plateforme en quelques clics, la désinscription est un carrefour! Marie a dû adresser plusieurs demandes au service client avant de fermer son compte. Quelques jours plus tard, il a recommencé par mail: pour encourager l’argent à se renouveler, on lui a proposé de nouveaux bonus attractifs. «Il n’y a aucune exigence de qualité pour ces sites», a critiqué Armelle Achour, directrice de SOS Joueurs. Tous les moyens sont bons pour attirer et fidéliser les clients. « 

L’ANJ est consciente des dangers de la toxicomanie et de ses conséquences, y compris le surendettement, pour tenter d’identifier et de dénoncer les agresseurs aux autorités. «Des mesures de soutien juridique existent, mais le processus est trop lent, admet Carole Leduc, chargée de lutter contre le jeu excessif à l’ANJ. Une fois que les enquêteurs les ont détectés ou les signalements de joueurs, des sites illégaux sont signalés et officiellement dénoncés. « 

Mais David est contre Goliath: souvent les opérateurs de Curaçao (Caraïbes) ou de Chypre parviennent à contourner ces mesures. «En changeant l’adresse Internet du site, certains apparaîtront immédiatement après le blocage avec la même offre de jeu», regrette Jérémy Terrasson.

Certains favorisent la légalisation

En l’absence de mesures de répression efficaces, l’ANJ prend donc également des mesures préventives, mettant en garde contre les caractéristiques hautement addictives des casinos en ligne. «Le libre accès aux jeux, l’illusion de contrôle, la diversité des stimuli visuels et sonores, et la transmission immédiate des gains contribuent à la perte de contrôle», décrit Jérémy Terrasson.

Parmi les profils les plus ciblés figurent les femmes et les jeunes qui peuvent prétendre avoir plus de 18 ans sans avoir à le justifier. «Les casinos virtuels attirent plus de joueurs Internet obligatoires habitués à surfer sur Internet que la clientèle traditionnelle de ces établissements», explique Michel Lejoyeux, directeur des services de psychiatrie et addiction à l’hôpital Bichat, Paris (18e).

Cependant, afin de déterminer l’ampleur du problème, il devrait être possible de s’appuyer sur des données et des statistiques qui n’existent pas actuellement. Certains ont l’idée de légalisation, qui développe mieux la pratique et la réglemente, mais elle ne fait pas l’unanimité. «Cela nous aiderait probablement à mieux protéger les joueurs, mais l’élargissement de l’audience des casinos virtuels pourrait être en péril», a déclaré Carole Leduc. Pour l’instant, nous encourageons les joueurs à passer le test Arvosjeu afin qu’ils puissent auto-évaluer leur pratique et leur relation avec les jeux en ligne. «