Réseaux sociaux: Retraites : ce que proposent les candidats à la présidentielle

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De nombreux candidats à l’élection présidentielle ont déjà fait des propositions pour réformer les retraites. Plus que le clivage – droite c’est bien l’âge de départ à la retraite qui semble distinguer les différents candidats. Revue de détail.

Un départ à 60 ans

L’âge de départ en retraite à 60 ans est un marqueur historique. Vieille revendication des syndicats, elle est la dernière des grandes réformes sociales promises par François Mitterrand en 1981. Les Français sont donc nombreux à y être attachés. Le retour de la retraite à 60 ans – c’est-à-dire avant la réforme de 2010 – est prôné par deux candidats aux extrémités du paysage politique : Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) et Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise (LFI). « La mesure est majoritaire dans l’opinion », assure la première quand le second indique qu’« elle est soutenue par sept Français sur dix », renchérit Jean-Luc Mélenchon.

Pour ce dernier, le système actuel ne fait que « créer des pauvres en plus ». Il propose donc « 60 ans et 40 annuités de cotisation ». Quant au financement, le candidat a des solutions. « On n’a qu’à mettre le salaire des femmes au niveau de ceux des hommes et les cotisations sociales feront la différence. Autre solution ? Créer un million d’emplois », explique-t-il en soulignant que « personne n’est obligé de partir à 60 ans, c’est une possibilité ». Marie Le Pen table de son côté sur des milliards d’économies réalisables, selon elle, grâce à la réduction de l’immigration et à la lutte contre la fraude fiscale et sociale.

Un départ à 62 ans

La candidate socialiste Anne Hidalgo n’entend pas toucher à l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. « Reculer l’âge de départ serait profondément injuste. Une telle réforme frapperait de plein fouet ceux que nous avons applaudis à 20 heures. L’urgence, ce n’est pas de reporter l’âge de départ à la retraite au moment où le Conseil d’orientation des retraites vient de rappeler que l’équilibre économique de long terme du système n’était pas menacé » avait expliqué cet été la maire de Paris dans une tribune au JDD.

Même volonté de ne pas toucher à la retraite à 62 ans pour Yannick Jadot, candidat EELV, qui s’était opposé en 2020 au système à points proposé par le gouvernement d’Edouard Philippe. Yannick Jadot reprend à son compte l’analyse de son parti qui prône « un système de retraite qui ne transforme pas la durée de vie gagnée en temps de travail supplémentaire » et préconise de renforcer les dispositifs de départ anticipé pour les « carrières les plus difficiles ».

Arnaud Montebourg semble lui aussi pour le statu quo. « C’est la Commission européenne qui nous impose cette réforme. Mais il n’est pas nécessaire de la faire. À quoi ça sert de faire une nouvelle réforme pour six mois de plus ? C’est absurde !», expliquait-il début octobre à Toulouseface aux lecteurs du Groupe La Dépêche.

Les Français et les retraites

Les Français et les retraites
DDM – Philippe Rioux

Un départ à 64 ans

Candidat au congrès des Républicains, Xavier Bertrand se détache de ses quatre autres adversaires en proposant un départ à 64 ans et non 65 ans. « À la fin de cette décennie il faudra deux années de travail en plus » pour arriver « progressivement à 64 ans », mais « pas pour ceux qui sont usés pour le boulot », a-t-il assuré.

En clair, il propose d’augmenter progressivement l’âge de départ de deux à trois mois chaque année pour atteindre 64 ans d’ici à 2030, puis 65 ans à l’horizon 2035 « si l’espérance de vie continue d’augmenter ».

Éric Zemmour, dont les sujets économiques ne sont pas la spécialité, se retrouve aussi sur un âge de départ à 64 ans. Le polémiste d’extrême droite a fini par se faire une religion. « La moitié des retraités qui se retirent officiellement à 62 ans ne sont déjà plus au travail », écrivait-il dans une de ses chroniques du Figaro le 9 juillet dernier. « La hausse de l’âge de la retraite n’est donc envisageable que si l’on impose aux entreprises – par un système de bonus/malus – de garder leurs employés seniors. Ils sont plus chers mais ils sont la mémoire des entreprises. »

Sur LCI le 27 septembre, le pas-encore-candidat évoque, après hésitations, un âge de départ à « 64 ans en 2030 » assorti d’un « bonus-malus » pour éviter que les entreprises licencient les seniors.

Un départ à 65 ans

Cette limite est celle des candidats des Républicains qui reprennent là ce que proposait le candidat François Fillon dans son programme présidentiel de 2017. « Oui, bien sûr il faudra passer progressivement à 64, puis à 65 ans », expliquait en juillet Valérie Pécresse. Celle qui se présente comme « 2/3 Merkel et 1/3 Thatcher » veut toutefois distinguer les métiers les plus physiques et les plus difficiles.

« Je ne crois pas qu’on puisse dire qu’on veut faire la réforme des retraites pour faire repartir l’économie. Il faudra dire la vérité aux Français. Est-ce que c’est le bon moment ? », s’interrogeait en juin Michel Barnier, qui estime toutefois bien qu’« on va devoir travailler plus longtemps » et s’est engagé à mettre en œuvre « sans délai cette réforme courageuse ». Éric Ciotti qui fut un des plus fidèles soutiens de François Fillon soutien lui aussi un départ à 65 ans.

Enfin, Philippe Juvin se distingue e étant le seul à parler capitalisation. Il propose « la mise en œuvre d’une capitalisation collective complémentaire par une cotisation patronale (2 % du salaire brut) et salariale (2 % du salaire brut) pour tous les salariés du privé, en complément du système de retraite par répartition. »

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